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Migration Burkina Faso – Côte d’Ivoire : Ce que révèle le projet de recherche MIDEQ

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Ce vendredi 25 Février s’est tenue une conférence de presse de présentation des résultats provisoires du projet de recherche sur les relations entre la migration, le développement et les inégalités en Côte d’Ivoire (MIDEQ). C’est l’espace Villa Alfira à Cocody Les II Plateaux qui a abrité cette rencontre à laquelle nous avons été conviés.

Initié par le Fonds de la recherche et de l’Innovation Britannique, le MIDEQ a pour objectif de répondre au défi du développement durable en traitant l’épineuse question de savoir : “Comment s’assurer que la migration Sud-Sud (MSS) réduit – plutôt que n’augmente – les inégalités pour aboutir au développement dans les pays du Sud ?”.

Pour y arriver, les agents du projet MIDEQ ont effectué entre Juillet 2020 et Décembre 2021 une recherche documentaire dans plusieurs zones en Côte d’Ivoire reparties sur 8 régions. Des localités stratégiques comme Abidjan, Soubré, Méagui, Daloa, Hiré ou encore Boundiali ont été ciblées pour la collecte de données.

Il en ressort que 47% des immigrés burkinabè de l’enquête ne savent pas lire ni écrire.

33% des burkinabè interviewés sont des travailleurs indépendants ou propriétaires d’entreprise alors que 16% ont un emploi rémunéré.

50,5% des immigrés burkinabè perçoivent un revenu moyen mensuel inférieur au SMIG 60.000 FCFA tandis que seulement 10,4% ont indiqué qu’ils perçoivent un revenu mensuel situé entre 200.000 et 500.000 FCFA.

41% des interviewés vivent dans une commune, un bidonville, une hutte ou une maison en terre.

La Côte d’Ivoire est le premier choix de destination de migration pour 94% des burkinabés interrogés.

À propos des transferts des fonds, 47% des burkinabè de l’enquête MIDEQ déclarent avoir transféré de l’argent au Burkina Faso au cours des 12 derniers mois.

Les chercheurs engagés dans le projet MIDEQ ont ressorti autant de statistiques qui servent à mieux comprendre la migration, ses avantages et inconvénients, les opportunités et faiblesses.

Présents à cette rencontre, des présidents de groupements et associations des burkinabè en Côte d’Ivoire ont exprimé leur remerciement à tous les agents qui ont effectué ces recherches. Ils ont aussi exprimé les problèmes urgents des populations du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, le problème de la sécurité et de l’identité du Burkinabè en Côte d’Ivoire singulièrement. Nombreux sont ceux qui sont victimes de tracasseries ou d’abus du fait de leurs origines et leur nationalité.

« Si nos résultats ne sont pas réutilisés, n’impactent pas les acteurs communautaires, institutionnels, on n’aura fait un travail vain. Je suis doublement heureux et fier de mon équipe qui a vraiment bossé », a souligné Dr Kando Amédée Soumahoro, sociologue et Chef du projet MIDEQ.

Il a par ailleurs révélé qu’un atelier-débat est prévu dans le mois de Mars avec des acteurs institutionnels comme les Ministères des Affaires Étrangères, de l’Intérieur ou de l’Intégration pour plancher sur les problématiques déduites de ces résultats provisoires.

LÉONIE ADOU

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