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Interview avec AllBlack 2.0, l’histoire à trois

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Le groupe AllBlack est sans doute l’un des meilleurs sur le marché musical ivoirien en ce moment. On les avait connu aux premières heures du réveil du hip hop ivoirien, avec la horde de Kiff No Beat, Tya Vuitton, Fire Man, Christ Carter et autres. Encore collégiens, ces jeunes rappeurs faisaient parler d’eux de par la qualité de leurs productions musicales qui semblaient être le fruit du travail d’artistes confirmés de l’étranger. Ils créaient l’émeute lors des kermesses et autres bals de fin d’année dans tous les lycées. En 2014, le groupe sombre dans une certaine léthargie. Carrière en stand by, de quatre membres ils passent à trois, ça sentait la fin quand en 2016 ils intègrent le label OVERCOM. “Aladji”, “Les gens” et maintenant “Bendo”,… All Black renaît et aligne tubes après tubes.

Pour vous, nous les avons rencontré. Micky, Aimdix et Lombardo se sont confiés à nous. Découvrez-les un peu plus dans cet entretien exclusif.

 

  • Comment le groupe a été constitué ?

Micky : C’est le hasard de la destinée guidée par une passion commune. À la base, nous étions deux (Micky et Lombardo). À un moment donné, on a jugé bon de former un groupe au lieu de rester à deux. Aimdix et Wally nous ont rejoint après. Et là vraiment on a formé un super groupe complémentaire. Les chansons que Lombardo et moi avions déjà enregistrées, nous sommes allés les refaire à quatre.

  • D’où vient votre nom AllBlack ?

Micky : Chacun d’entre nous a sa particularité. Il nous fallait un nom qui évoquait un esprit d’équipe et d’unité. AllBlack aussi pour faire allusion à notre race, à l’Afrique.

Aimdix : On a récemment rajouté AllBlack 2.0, parce qu’au niveau des recherches sur le net, on pouvait tomber sur d’autres pistes comme l’équipe de rugby de la Nouvelle Zélande ou un autre groupe. C’est plus facile ainsi et c’est plus fun  .

  • Vous étiez 4 au départ. Désormais vous évoluez à 3. Qu’est-ce qui explique l’absence de Wally à vos côtés ?

Micky: Wally a décidé de chanter exclusivement pour le Seigneur. Il est chantre à présent. Nous ne sommes pas vraiment séparés.

  • Y aurait-il eu un différend entre vous ?

Lombardo: Non pas du tout. On est toujours ensemble, on se parle. Il prépare la sortie d’un album chrétien. On évolue certes sur deux terrains, mais on se donne de la force.

  • Quel bilan faites-vous depuis vos débuts à aujourd’hui ?

Micky: Le bilan est progressif et positif aussi. Ce n’est pas évident de commencer la musique et de réussir automatiquement. Comme on le dit, après la pluie vient le beau temps. On a traversé pas mal d’obstacles.

  • Parlez-nous des obstacles que vous avez eu à surmonter ?

Micky: C’est surtout la production. Pour être vraiment épanoui, un artiste a besoin de production, d’un label, d’un staff pour gérer ta carrière au niveau relationnel, organisationnel et aussi matériel. Ce n’est vraiment pas facile quand tu es dans l’autoproduction. À notre niveau, après avoir eu un producteur en la personne de JC Toka, nous avons dû faire face à un problème juridique avec ce dernier entre 2014 et 2015. Mais aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre entre le « vieux père » et nous. On lui fait un big up au passage.

  • Musicalement, qu’est-ce qui fait votre particularité ? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui on met All Black tout en haut du lot dans le game ivoirien ?

Micky: C’est surtout parce qu’on est polyvalent. On a grandi dans un environnement où on a été bercé par tous les genres, le zouglou, le coupé-décalé et même la variété et les rythmes traditionnels qu’écoutaient nos parents. Cela nous a fortement influencés.

Aimdix : Nous sommes certes All Black mais chacun de nous a sa couleur. Et quand chacun de nous apporte sa couleur, ça forme une force.

Lombardo : Bien que chacun de nous ait ses qualités et ses défauts, nous avons une façon de bosser ensemble dans l’intérêt commun qui est un modèle. On avance tous ensemble et on sait explorer le potentiel de chacun.

  • Parlez-nous de votre signature à OVERCOM. Êtes-vous satisfaits de cette collaboration ?

Micky: C’est par le biais d’Arnaud Gada Gada que nous avons intégré l’équipe Overcom de Diego Siani. Les contacts se sont faits facilement, on avait la même vision.  Là ça se passe bien. Chapeau à toute la structure. On est vraiment déchargé de plusieurs choses. Avant, on était à la fois artistes et managers. Maintenant on se charge juste de faire des tubes et Overcom assure le reste, les clips, la communication, les spectacles,…

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  • On y est de plain-pied. L’actualité musicale d’AllBlack 2.0 c’est Bendo. C’est quoi l’histoire derrière cette chanson?

Micky: Le Bendo, c’est en général, un endroit qu’on squatte, où on fume “Oklm”, où on se laisse aller à des délires l’esprit libéré. Dans le contexte de notre chanson, c’est une meuf qui de par sa silhouette, ses courbes, te transporte dans ce Bendo  .

Lombardo : Elle réveille en toi ce que tu aimes en fait    .

  • Outre la promotion de Bendo, quels sont les projets à court terme ?

Aimdix: All Black 2.0 prépare la sortie d’une mixtape bientôt. Il y a aussi une tournée dans la sous-région. Le Burkina, le Congo, le Bénin, le Maroc et aussi l’Inde.

  • Quel est votre regard sur le rap ivoirien ?

Micky: Le rap ivoirien est en plein essor. Au départ, quand on démarrait, on le faisait par passion. Les gens disaient que c’est seulement le coupé-décalé qui paye. Mais aujourd’hui, on voit le progrès et nous sommes très heureux de faire partie de cette vague à l’origine de la renaissance de ce mouvement en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, notre rap s’exporte.

  • Il y a quand même longtemps qu’on connaît All Black. Vous étiez au même niveau que Kiff No Beat au départ. Qu’est-ce que ça vous fait aujourd’hui de voir vos frères à un étage supérieur ?

Micky: Le temps de Dieu n’est pas celui des humains. Les artistes n’ont pas la même chance tout comme les hommes en général. À un moment donné également, on a été plombé à cause des tracasseries juridiques et tout. On n’était vraiment pas libre. Nous avons passé près d’un an sans la musique.

  • Pendant cette période, qu’est-ce qui a maintenu la flamme ? Qu’est-ce qui vous a donné la force de vous accrocher et à y croire ?

Micky: Nous avons pris de grandes décisions. On a stoppé les études pour ça. On a obtenu l’adhésion de nos parents qui n’étaient pas d’accord au départ. On s’est dit ensemble qu’on y allait à fond.  Nous nous sommes donné des principes de  base, on les appliques. Les problèmes d’argent et de femme, on sait comment s’y prendre.

Aimdix : On a les mêmes objectifs et les mêmes rêves.

  • Revenons sur l’avis de vos parents par rapport à la musique. Cette question est singulièrement adressée à Aimdix qui a pour père un certain Bomou Mamadou, lui-même artiste.

Avec papa ça a été très difficile. Vu que lui-même il est du milieu, il ne voulait pas que son fils soit confronté à cet univers. Mais avec le temps et la volonté, papa s’est rendu compte que j’ai ça dans le sang. Aujourd’hui, il me soutient et il est fier de moi.

  • Les ambitions à long terme…

Conquérir la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde ensuite. Tout est progressif. La Côte d’Ivoire s’est déjà fait. On s’est construit un nom. Nous allons à l’assaut de toute l’Afrique avec notre prochaine tournée. On a aussi des featurings avec des artistes internationaux.

  • Justement, peut-on avoir des noms ?

Souffrez qu’on ne vous en dise plus pour l’instant. Nous avons le secret    . Vous en aurez la primeur au moment opportun.

  • Un message à ceux qui vous soutiennent depuis le début jusqu’à aujourd’hui.

On va d’abord dire un grand merci à Dieu. C’est lui qui est au-devant de toute chose. On lui est reconnaissant. Notre gratitude aussi à l’endroit de toutes ces personnes qui ont répondu présentes quand on en avait le besoin, on ne pourra pas tous les citer. Merci aussi aux fans, notre force. Le premier salaire d’un artiste, ce sont les applaudissements. Merci pour votre soutien. Restez connectés, le meilleur arrive.

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Kiffez leur tout nouveau tube “Bendo” ici.

Rolyvan

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