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[LIFE 155] Story avec Joel Bohui qui vous fait découvrir le métier de sommelier

joel bohui

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Sommelier de formation, Joel Bohui occupe, aujourd’hui, le poste de Directeur général du Complexe hôtelier Niablé. Avec lui, nous avons échangé sur sa passion.

« LE MÉTIER DE SOMMELIER EST MÉCONNU EN CÔTE D’IVOIRE »

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Joël Bohui, ivoirien et j’ai 40 ans. J’ai suivi une formation en FNB, c’est-à-dire Food and Beverage Management sanctionnée d’un diplôme obtenu à l’Université Hôtelière Internationale d’Afrique du Sud. Je suis également sommelier de formation. C’est-à-dire que je suis spécialiste dans la gestion et la recommandation de vin avec tout ce qui est spiritueux, c’est-à-dire cognac, whisky et cigares. J’ai eu la chance de faire l’Afrique du Sud, précisément le Cap qui est une région viticole. Là-bas, j’ai eu la chance de travailler pour le très célèbre Ken Forrester, un Sud-Africain dont les vins ont été promus au palais de la Reine d’Angleterre. C’est celuilà même qui m’a encadré.

Quelles sont les aptitudes requises pour être un bon sommelier ?

Il faut déjà avoir un bon odorat et être exigeant pour être un bon sommelier. Dans notre jargon, il y a ce que nous appelons le terroir, c’est-à-dire que chaque pays a son terroir.

Est-ce un métier assez vulgarisé en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire ?

Malheureusement non ! C’est même un métier qui est méconnu ici, en Côte d’Ivoire. Mondialement également, c’est un métier qui est en voie de disparition. Dans le monde entier, nous sommes à peu près 200 sommeliers. Ma grosse déception est qu’ici, même dans les établissements de 5 étoiles, il n’existe pas de sommeliers. C’est un métier rare, mais qui nourrit bien son homme.

En votre qualité donc de sommelier, quels vins conseillerez-vous pour tels types de repas et vice-versa ?

On va faire simple pour que tout le monde comprenne. Déjà, pour tout ce qui est salade, viande blanche…je vais donner un Sauvignon blanc qui est le vin blanc le plus sec. En termes de vin rouge, si j’ai un bon filet, je vais offrir une bouteille de Chiraz qui est une variété de raisin assez poivrée. L’exercice est tout simple, il faut savoir marier les produits, et lorsque ce n’est pas réussi, les deux se rejettent. Le couac ici, en Côte d’Ivoire et partout ailleurs où il n’existe pas de sommelier, c’est que chacun travaille indépendamment. Le chef fait sa carte sans même l’aval du maître d’hôtel… De manière récurrente en Côte d’Ivoire, de nombreux consommateurs et amateurs de vins sont plutôt portés sur le Bordeaux, tout simplement parce que c’est ce qu’ils entendent, alors qu’il y en a plusieurs. Il y a un gros travail de sensibilisation à faire dans ce sens.

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Quels types de vins recommanderez-vous donc aux consommateurs… de vin ?

Un vin est semblable à un être vivant ! Il naît, il vieillit, il attrape des maladies et il meurt…Au niveau du millésime, un vin, plus il sera vieux, mieux il sera bon à être déguster. Le bon vin selon moi, ce n’est pas seulement le prix, mais, c’est plutôt servir le produit dans de bonnes conditions en termes de température et de cépage afin de pouvoir réaliser ce que j’appelle l’accord parfait entre la nourriture et la boisson.

Comment reconnaître un bon vin ?

Ici, en Côte d’Ivoire, il y a un vin qui est beaucoup consommé par la population, mais, qui en réalité n’est pas du vin, c’est plutôt un générique. Tout simplement parce que le vin a une potentialité de vieillissement. Au niveau même de l’habillage, un vin qui a une capsule, il faut tout de suite se poser des questions. Si je prends un vin de 2017 que je consomme 5 ans après, le goût ne sera pas le même. Alors que ce vin générique que consomment les Ivoiriens ici, est statique ! La preuve, non seulement il n’y a pas de millésime, donc on se sait pas l’année, et c’est fait avec des résidus de raisin, et nous n’avons pas également la race du raisin, ce que nous appelons dans notre jargon le cépage. Est-ce un Bordeaux ? Est-ce un Merlot ?

Quels sont vos projets ?

Au plan personnel, je dirai que j’ambitionnerais de former d’autres Ivoiriens qui sont assez intéressés par ce métier en créant une académie. Il y a un projet qui est déjà concrétisé, bientôt, je proposerais une émission sur les chaînes câblées. Mais, mon rêve le plus cher sera de former des jeunes Ivoiriens en vu dehisser la Côte d’Ivoire au plan international.

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