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Mystère d’un soir / Azanmlin a fait de moi un sorcier aux pouvoirs “naturels”

Pimi clentelex1
Pimi clentelex1

Crédit Photo : Pimipic

Déceptions sentimentales, situations malencontreuses, expériences uniques, doutes sur votre vie de couple,… Partagez-nous vos histoires. Elles pourraient en inspirer bien d’autres, ou parallèlement, vous pourrez trouver la solution dans les échanges et réactions d’autres abonnés.
Nous mettons sur la table ce récit de Jakou. Voici son histoire !

“L’apprenti sorcier”

Un jour, une idée géniale m’a traversé l’esprit en l’espace de l’apparition d’un éclair “fiaaa” ! Il me fallait apprendre la magie noire pour sortir enfin de cette galère qui me suit inlassablement comme un chien derrière son maître.Je suis allé voir Azanmlin le vieillard solitaire qui vivait au bout de la dernière rue du quartier. Les bruits couraient qu’il était un redoutable mangeur d’âme et même qu’il avait mangé sa femme et ses enfants à l’époque raison pour laquelle les siens l’avaient abandonné seul. Les gens du quartier interdisaient à leurs rejetons d’aller jouer près de sa bicoque de peur qu’il les mange. Souvent les soirs d’harmattan, on entendait le septuagénaire qui gémissait de loin et ses grincements tels des râles, nous parvenaient et emplissaient le quartier.

Mon idée de devenir sorcier me mena un jour vers sa case. Je le trouvai assis à même le sol le visage fermé et les yeux perdus dans le vide. Il était si plongé dans ses pensées qu’il ne se rendit pas tout de suite compte de ma présence. Je lui expliquai les raisons de ma présence et le vieil homme poussa un fou rire. Un rire si bruyant qu’il émis une toux caverneuse.

« Tu veux devenir un sorcier ? » finit-il par dire.

« Oui, apprends-moi les secrets de la sorcellerie » dis-je, très sûr de moi.

« Bon bon !!! » Dit le septuagénaire de sa voix tremblante, « je vais t’apprendre la sorcellerie mais il faudra chaque jour m’apporter de quoi manger et en retour je t’enseignerai les choses cachées ».

Mon initiation dura deux bonnes semaines. Deux semaines que je nourrissais mon maitre sorcier. Au bout de quatorze jours, j’étais devenu un sorcier. Je m’installai à mon compte et je faisais savoir à tous mes amis du quartier que j’avais des pouvoirs surnaturels. Deux jeunes qui voulaient expérimenter ma puissance vinrent me voir pour que je leur prépare des potions d’amour pour attraper deux filles qui avaient bouffé leur argent.

Vite fait, bien fait et je leur ai remis la potion. À part ces deux-là, personne ne venait me consulter parce que les mauvaises langues racontaient que je suis un menteur. Quand je demandais à mes copains qui avaient testé ma force de frappe comment les choses s’étaient passées, ils me riaient au nez et n’osaient pas me répondre.

Un samedi soir, l’un d’eux m’appela sur mon phone et me dit « Jakou, prends un taxi et viens nous trouver au Bogoss. Il y a bière à gogo ». C’était un dangereux maquis qui faisait feu.

Comme j’étais toujours fauché, mon gars me dit de faire “arriver-payer”, il assurerait mon transport. Me voici dans le premier taxi compteur. Dès que la voiture s’approcha du coin, je reçus un second appel qui me demandait de continuer au “Mistre” parce que les copains avaient déjà bougé.

« Ne t’inquiète pas, Jakou, on paye ». Je dis au chauffeur de m’emmener au “Mistre”. Aussitôt qu’on approchait du lieu indiqué, mon portable fit tic toc. Je décroche et mon gars me dit « ooh Jakou, tu as trop mis de temps. On a foncé vers Abobo. Trouve-nous au maquis bleu blanc ».

Le chauffeur m’interrogea du regard à travers le rétroviseur. Je lui ai dit « allons à Abobo ».

Il prit la voie d’Abobo. Je ne pouvais pas faire demi-tour car je n’avais rien pour payer. Pendant notre trajet pour Abobo, mon ami m’appela. Quand j’ai décroché, il s’est mis à rire dans mes oreilles. J’ai compris que les salauds m’avaient mis dans un sal drap.

« Tu n’as pas dit que tu es sorcier ? Arrange-toi pour t’en sortir dèh parce que nous on est assis ici au quartier. À cause de toi les petites filles nous ont insulté comme du poisson pourri ».

Han ! Drap ! Comment faire ? Le chauffeur roulait toujours la mine serrée tel un boxeur. Une idée me traversa l’esprit. Pendant 15 minutes, j’ai mis mon bras dehors pendant que la voiture roulait. Quand j’ai jugé que ma main était assez froide et bien glacée. Je l’ai fait rentrer et dès que nous avions pris la voie du cimetière de Williamsville, j’ai touché le cou du chauffeur avec cette main froide d’outre-tombe et j’ai dit :

« Frère humain, descends-moi ici je suis arrivé chez moi ». Le chauffeur qui avait cru avoir transporté un revenant, gara et sortit du véhicule en courant.

C’est ainsi que je suis rentré au quartier à pieds. Mes gars en me voyant arriver se mirent à se moquer de moi !

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