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CHEICK TIOTÉ

Quand on est jeune, on ne meurt pas, on perd la vie…

Surtout dans des conditions aussi brutales et déchirantes que celles de la disparition de Cheick Tioté. La mort, cette fourche qui fauche le souffle de vie aux hommes est si implacable, si impitoyable.

Celle qui passe pour faire trépasser a plongé toute la Côte d’Ivoire et le monde du football dans le noir le 5 Juin dernier. Tous, avions accueilli de prime abord cette méchante vérité comme une rumeur avant de se rendre compte, malgré nous, de l’évidence. Cheicky était parti, suite à un arrêt cardiaque, pendant une séance d’entraînement avec son club en Chine Beijing Enterprise. Le fougueux s’était écroulé une première fois sur le terrain. N’abdiquant jamais comme sur tous les stades où il passait, il s’est relevé, a titubé, avant de s’affaler une dernière fois. Il ne se relèvera plus jamais. Le 18 Juin, notre infatigable milieu de terrain a été enterré six pieds sous terre au cimetière de Williamsville.

On retiendra de cet Homme, son parcours, cette trajectoire singulière que chérissent tous les bambins amoureux de football et qu’on voit sur les terrains sablonneux dans certains quartiers d’Abidjan. C’est là qu’avait démarré son histoire. À force de travail et d’abnégation, Cheick intrépide et toujours prêt à aller au charbon, s’est rendu indispensable partout où il évoluait, en club comme en sélection nationale. « Il était un joueur parfait pour un entraîneur », soutient Hervé Renard, qui a été son coach sous la tunique orange entre 2014 et 2015.

On retiendra aussi de cet Homme, son attachement à Dieu, sa foi en la religion. Cheick Tioté issu d’une famille musulmane a toujours mis le divin créateur en avant. Imparfait comme tout être humain, il se remettait à lui chaque fois. Il projetait faire bientôt le pèlerinage à la Mecque, vœu cher à tout bon pratiquant de l’Islam. Il n’en aura pas eu le temps. « C’était un vrai croyant. Il ne ratait aucune prière », révèle le footballeur sénégalais Papiss Cissé avec qui il évoluait en Chine.

On retiendra enfin de cet Homme, qu’il a fait partie du contingent d’éléphants ivoiriens à avoir représenté dignement le pays au concert des nations africaines en remportant notre seconde Coupe d’Afrique. Certes, Cheick n’aura passé que 30 ans d’existence sur terre, mais il aura inscrit à jamais son nom en lettre d’Or dans les annales et dans le cœur de tous les ivoiriens.

La mort nous a enlevé notre champion, elle nous a enlevé l’un de nos valeureux guerriers.

Cheick Tioté, nous ne t’oublierons jamais, forever.

 

Yves Roland KOTTO

Extrait du Life 130

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