Éléphants de Côte d’Ivoire : Martial Godo, le moment est-il venu ?

Il y a des trajectoires qui forcent le respect. Celle de Martial Godo en fait clairement partie. En quelques saisons, l’ailier ivoirien est passé des terrains anonymes d’Angleterre aux projecteurs de la Ligue 1. À 22 ans, son nom commence à circuler avec insistance autour de la sélection nationale. Et à l’approche de la prochaine trêve internationale, la question n’est plus si, mais quand.

De l’ombre anglaise à la lumière alsacienne

Il y a quatre ans à peine, Martial Godo évoluait loin des radars, en septième division anglaise. Un parcours à contre-courant, construit à force de patience et de travail. Formé en Angleterre, il finit par attirer l’attention et rejoint le RC Strasbourg à l’automne 2025, en provenance de Fulham FC.

À Strasbourg, il ne débarque pas avec une étiquette de titulaire. Au départ, il tourne, apprend, observe. Puis très vite, il s’impose. Match après match, il gagne du temps de jeu et s’installe dans le couloir gauche. En championnat, ses chiffres parlent pour lui : 6 buts et 2 passes décisives en 17 apparitions. Toutes compétitions confondues, le bilan grimpe à 11 buts et 5 passes décisives en 25 matchs. Pour un joueur de son âge, c’est propre, net, sans surplus.

L’Europe comme accélérateur

Décembre marque un vrai tournant. Sur la scène européenne, Martial Godo ne se contente pas d’apprendre. Il frappe. Deux buts en UEFA Conference League face à Aberdeen FC et Breidablik UBK, des prestations pleines, et une distinction de Joueur du mois qui vient confirmer son impact.

Sur l’ensemble de la phase européenne, il boucle avec cinq buts et trois passes décisives. Des chiffres qui pèsent, surtout quand ils sont réalisés contre des adversaires venus d’horizons différents. À ce niveau-là, ce n’est plus un simple espoir, c’est un joueur qui répond présent quand l’intensité monte.

Une concurrence relevée, mais une vraie carte à jouer

Sur le plan international, le parcours est encore discret. Né en Angleterre, passé par les équipes de jeunes anglaises, Martial Godo n’a connu qu’une seule convocation avec les U23 ivoiriens. Aucune cape avec les A pour l’instant.

Mais le contexte joue en sa faveur. À la tête des Éléphants, Emerse Faé a montré qu’il n’hésite pas à lancer des profils jeunes quand ils performent en club. Les exemples récents de Amad Diallo ou Yan Diomandé sont encore frais dans les têtes. La porte n’est pas fermée, loin de là.

À quelques mois des derniers rendez-vous qualificatifs pour la Coupe du monde 2026, une saison aussi pleine ne passe pas inaperçue. Reste à savoir si le staff estimera que le timing est le bon. Une chose est sûre : Martial Godo a fait le plus dur. Sur le terrain, il a déjà répondu. Le reste se jouera dans les bureaux… et sur les listes de convoqués.