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Chez nous pays: Les singes sacrés du village de Soko

singe sacré 1

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Au nombre des sites touristiques que regorge notre beau pays, il y a le village de Soko. Situé dans la région du Gontougo, ce hameau tient sa renommée de l’existence des singes, des singes pas comme les autres, des singes sacrés.

Soko est un village situé dans la région du Gontougo à 7 km de Bondoukou, dans le grand est de la Côte d’Ivoire. Ce gros village avec une population de 8000 habitants cohabitent avec des singes depuis la fin du XIXè siècle. Soko est un village Nafana, une ethnie de la région de Bondoukou. Soko serait la déformation de « Solokolo » qui veut dire littéralement « le chemin des éléphants ».

En quoi est-ce que ces macaques sont-ils sacrés ? On vous raconte leur histoire.

La légende rapporte que Samory Touré, l’un des résistants africains qui s’imposa farouchement à l’expansion coloniale, était de passage dans cette région, pour répandre l’Islam. Pour éviter d’être décimés par le conquérant et son armée composée de Sofa, le plus grand féticheur du village aurait proposé de transformer tous les habitants du village en singes. Et qu’une fois le danger écarté, le féticheur les transformerait à nouveau en humains. Plus tard, l’oracle n’aura pas eu le temps de les métamorphoser en humains. Il a été démasqué puis supprimé par Samory Touré. Les habitants sont donc restés des singes. Les descendants ont progressivement reconstitué la population du village. Ils ont donné à tous les singes, leurs ancêtres, le statut de sacré.

Il y a deux espèces de primates : les cercopithèques et les patras. Les premiers se caractérisent par une longue queue, une barbe pointue et un pelage noir avec des taches acajou sur le dos. Chacun pèse en moyenne sept kilos. Quant aux patras, ils sont tout roux, avec des sourcils noirs.

À Soko:

  • On ne consomme pas la viande de singe
  • Les singes ont les mêmes droits que les hommes
  • Lorsqu’ils meurent, on enterre les singes comme les hommes
  • Les singes tiennent compagnie aux hommes, ils peuvent se permettre de rentrer dans les habitations et en sortir à leur guise

Aujourd’hui, où en est-on avec les singes sacrés de Soko ?

Il n’en reste plus beaucoup, selon notre correspondant à Soko, Ouattara Bèman. “Depuis la crise post-électorale en 2010, la population de singes ici a considérablement diminué. Les raisons, on les tient principalement du braconnage. Les gens n’ont plus peur. Avides d’argent, ils abattent les singes sacrés pour les revendre sur le marché. Parmi les autres raisons, il y a la déforestation. La forêt qui est leur refuge est de plus en plus défrichée.”

Il n’est pas encore tard pour bien faire. Avant qu’ils ne disparaissent complètement, il faut prendre les mesures idoines. Ces singes font partie de notre culture à nous. Pour eux, des touristes et journalistes du monde entier effectuent le voyage. De plus en plus méfiants des hommes, les singes se montrent peu et la légendaire sympathie entre eux et les hommes s’effrite.

Rolyvan 

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