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Chez nous pays: Les silures sacrés de la rivière Sokotèh de Bongouanou

silures 1

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Pour notre rubrique “Chez nous pays” cette semaine, nous partons dans la région du Moronou, plus précisément dans la ville de Bongouanou afin de faire un focus sur un site tout aussi beau qu’intrigant: la rivière Sokotèh et ses silures sacrés. Nous étions invités à Daoukro, 60 km plus loin, mais notre escale à Bongouanou nous aura fortement marqué.

La rivière, longue de 200 m, est située en plein centre ville. Vous ne pouvez pas passer à Bongouanou et la rater. Elle est en bordure de la voie principale. D’ailleurs, vous ferez bien de vous y arrêter pour voir le magnifique spectacle qu’offrent les silures qui y foisonnent. En longueur de journée, les touristes et même les autochtones prennent du plaisir à les nourrir en leur jetant des friandises de tout genre, des morceaux de pain, des biscuits, des féculents et autres. Il est formellement interdit aux hommes de les pêcher et de les consommer. C’est là tout le mystère saisissant autour de cette rivière !

C’est pourtant bien du poisson, charnu de surcroît et en abondance… À chacune de ses exclamations aux abords du lac, il y a toujours une voix, soit un commerçant soit un simple citadin ou même un enfant pour vous répondre et vous intimer l’ordre de ne pas les pêcher.

Nous n’avons pas manqué de poser des questions pour en savoir plus sur cette rivière pas comme les autres. Amara, notre interlocuteur, commerçant aux abords du site depuis plus de 10 ans, nous fait savoir qu’il existe plusieurs types de poissons dans cette rivière mystérieuse comme des carpes quoique les silures soient les plus nombreux. “Cette rivière existe depuis très longtemps avant l’arrivée de l’homme dans ce village. C’est un puits sacré. Les villageois viennent prier les ancêtres pour résoudre leurs problèmes. Et c’est comme ça depuis toujours. Ces silures sont comme des gardiens, des ancêtres, qu’on vénère. Gare à celui qui en mange, il mourra à coup sûr ! Certains silures, les plus gros, ont parfois des cauris sur la tête”.

Des grands gouvernants du pays aux célébrités et même les anonymes, Amara nous assure que tout le monde vient “consulter” cette rivière.

Une chose qui nous a un peu intimidé pendant ses explications, c’est que lorsque vous vous rendez au bord de l’eau et que vous jetez de la nourriture, si les silures ne sortent pas en masse comme d’habitude vers vous, c’est un mauvais présage. “C’est très rare mais quand ça arrive, ce n’est pas un bon signe”

Têtus, nous y avons refait un tour avant de reprendre la route pour Daoukro. Les silures sacrés sont à nouveau sortis… à notre grand soulagement ! Nous les avons nourris pendant plus de 10 minutes avant de prendre congé d’eux.

Au delà du caractère sacré que revêt cette rivière, c’est tout de même intéressant de savoir que quelque part, cela participe à la sauvegarde de certaines espèces. Chaque fois que nous passerons dans la région, nous y ferons assurément un tour. Et on vous le recommande !

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Rolyvan

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