CHAN supprimé : la Côte d’Ivoire ne gagnera jamais sa CAN des locaux

La nouvelle est tombée comme un coup de massue pour tout le football africain. La CAF a officiellement acté la suppression du Championnat d’Afrique des Nations. Le CHAN, compétition réservée aux joueurs évoluant dans leurs championnats locaux, n’existera plus. Une page se ferme, et pour la Côte d’Ivoire, le constat est brutal : les Éléphants locaux n’auront jamais soulevé ce trophée lancé pourtant… à Abidjan.

Le CHAN, une idée née en Côte d’Ivoire, une fin amère

Créé en 2009 sur le sol ivoirien, le CHAN avait une mission claire : offrir une vitrine aux talents restés au pays, souvent invisibles pour la sélection A et les recruteurs internationaux. Pendant plus de quinze ans, cette compétition a permis à des joueurs locaux de changer de dimension, parfois de carrière.

La décision de la CAF, portée par son président Patrice Motsepe, repose sur un argument financier. Trop coûteux, pas assez rentable, incapable de générer les revenus de la CAN. Officiellement. Officieusement, beaucoup y voient une volonté d’alignement sur le modèle européen, avec en toile de fond la future Ligue des Nations africaine.

Un coup dur pour les joueurs du continent

La disparition du CHAN pose une vraie question de fond. Que deviennent les joueurs locaux ? Pour beaucoup, ce tournoi représentait la seule fenêtre internationale, la seule scène où ils pouvaient exister face au reste du continent.

C’est par le CHAN que des profils comme Meschack Elia, Ayoub El Kaabi ou encore Sékou Koïta ont explosé avant de rejoindre un autre niveau. Sans cette compétition, les championnats africains perdent un projecteur majeur, et des milliers de joueurs voient leur rêve se refermer un peu plus tôt.

La Côte d’Ivoire, jamais sacrée sur sa propre création

L’angle ivoirien fait mal. Pays fondateur du CHAN, la Côte d’Ivoire n’a jamais réussi à inscrire son nom au palmarès. Plusieurs générations d’Éléphants locaux y ont cru, se sont battues, sans jamais aller au bout.

Aujourd’hui, avec la suppression de la compétition, ce rêve ne sera jamais réparé. Pas de revanche possible, pas de dernière chance. Le CHAN s’éteint sans que la Côte d’Ivoire n’ait pu transformer l’essai.

Un palmarès dominé par le Maroc et la RDC

Sportivement, le CHAN a tout de même laissé une trace claire. Certaines nations ont su en faire un vrai levier de développement de leur football local.

Palmarès du CHAN
2009 : 🇨🇩 RDC
2011 : 🇹🇳 Tunisie
2013 : 🇿🇦 Afrique du Sud
2014 : 🇱🇾 Libye
2016 : 🇨🇩 RDC
2018 : 🇲🇦 Maroc
2020 : 🇲🇦 Maroc
2022 : 🇸🇳 Sénégal
2024 : 🇲🇦 Maroc

Le Maroc et la RDC ont clairement dominé la compétition, preuve d’un travail structuré sur les championnats locaux et la formation.

Et maintenant, quel avenir pour le football local africain ?

La suppression du CHAN laisse un vide. Un vide sportif, mais surtout symbolique. Pour les joueurs locaux, c’est une porte qui se ferme. Pour les fédérations, un outil de développement qui disparaît. Pour les supporters, une compétition authentiquement africaine qui s’éteint.

En Côte d’Ivoire comme ailleurs, le défi sera désormais de trouver d’autres passerelles pour valoriser les talents du championnat local. Sinon, le risque est clair : voir toute une partie du football africain rester dans l’ombre, sans scène, sans lumière, sans rêve.