Mercato : Séko Fofana, le pari portugais pour se relancer

Le football va vite, parfois trop. En quelques mois, Séko Fofana est passé du statut de recrue phare à Rennes à celui de joueur en quête d’oxygène.
À 30 ans, l’international ivoirien a fait un choix clair : quitter la Bretagne pour retrouver du temps de jeu, du rythme et surtout redevenir un milieu qui compte. Direction le FC Porto, sous la forme d’un prêt de six mois, avec l’idée de rallumer la flamme dans un championnat qu’il découvre mais qui ne pardonne rien.
De l’espoir à la frustration à Rennes
Quand Séko Fofana débarque à Rennes en janvier dernier en provenance d’Al Nassr, l’attente est énorme. Le club breton casse sa tirelire, plus de 13 milliards de FCFA, pour attirer l’ancien patron du milieu lensois. Dans les discours, il doit être le leader du nouveau projet, le joueur capable de faire basculer les matchs par son volume et son impact.
Les premiers mois laissent entrevoir quelque chose d’intéressant. Fofana s’installe, prend ses marques, montre qu’il peut encore tenir la baraque dans l’entrejeu. Puis la machine s’enraye. Les choix tactiques évoluent, la concurrence s’intensifie, et peu à peu, le milieu ivoirien sort des plans de Habib Beye. Depuis octobre, le constat est brutal : une vingtaine de minutes disputées toutes compétitions confondues.
Toujours dans le radar des Éléphants
Malgré cette période compliquée en club, Séko Fofana n’a pas disparu des radars de la sélection ivoirienne. Emerse Faé lui maintient sa confiance et le convoque pour la CAN 2025. Un signe fort, mais aussi une responsabilité. La compétition tourne toutefois à la déception pour les Éléphants, éliminés en quart de finale par l’Égypte, et Fofana ne parvient pas à peser comme il l’aurait voulu.
Le message est clair pour le joueur : sans temps de jeu régulier, difficile de sécuriser sa place en sélection, surtout avec la Coupe du monde 2026 en ligne de mire. Le besoin de rebond devient urgent, presque vital.
Porto, un choix ambitieux et symbolique
Le FC Porto arrive alors comme une opportunité sérieuse. Un prêt de six mois, un contexte exigeant, et un club habitué à jouer les premiers rôles. Au Portugal, Séko Fofana portera le numéro 42, un clin d’œil assumé à Yaya Touré, son modèle de toujours. Le symbole n’est pas anodin : Fofana vient chercher une nouvelle impulsion, dans un environnement où la concurrence est féroce mais la récompense réelle.
Le défi est immense. Porto survole le championnat avec 18 victoires en 19 matchs et trône en tête, quatre points devant le Sporting. S’imposer dans le onze de Francesco Farioli ne sera pas un cadeau. Le collectif est huilé, les automatismes bien en place, et personne n’a de place garantie.
Un tournant à 30 ans
À cet âge de la carrière, ce prêt ressemble à un moment charnière. Briller avec les Dragons pourrait offrir à Séko Fofana son premier titre de champion national et, pourquoi pas, ouvrir la porte à une aventure plus longue au Portugal, sous l’œil attentif d’André Villas-Boas. À défaut, un retour en grâce à Rennes resterait une option crédible.
Une chose est sûre : pour Séko Fofana, le temps n’est plus aux attentes mais à l’action. Porto n’est pas une fuite, c’est un test. Et dans le jargon des footeux, c’est souvent dans ce genre de contexte que les vrais joueurs se révèlent à nouveau.













