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20 ans des Kundé : Salfo Soré, Commissaire général des Kundé ‘’Nous rêvons grand mais…’’

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Son passage éclair en Côte d’Ivoire aura permis à Soré Salfo (Jah Press) de continuer le lobbying débuté à Paris, pour rendre les festivités des 20 ans des Kundé (cérémonie de récompense des meilleurs artistes musiciens burkinabè et africains) grandioses. Nonobstant les attentats perpétrés au Burkina-Faso, le Commissaire général des Kundé promet une belle fête.

20 ans des Kundé (cérémonie de récompense des meilleurs artistes burkinabè) et une cérémonie de lancement à Paris. Quel message avez-vous voulu faire passer en le faisant en France ?

Merci ! Tout le monde est surpris que les Kundé aient aujourd’hui 2O ans. Entreprendre ce genre d’activités culturelles en Afrique est difficile. Grâce aux soutiens de la presse et des partenaires, nous avons pu réussir ce pari. Nous avons estimé que pour les 20 ans des Kundé, il était bon pour nous d’aller faire ce lancement-là, à Paris. Car, quoi qu’on dise, Paris reste la plaque tournante du show-biz Africain.

Etes-vous prêt à relever ce défi d’organisation à quelques 3 mois de ce grand événement sous-régional ?

En termes d’organisation, nous estimons qu’en 20 années d’existence, la machine est assez huilée. Si, nous avons pu résister au temps et traverser des moments troubles jusqu’à maintenant, c’est parce que nous avons toujours su nous fondre dans le budget que nous avons pu obtenir. Par contre, cette année c’est le contexte sécuritaire qui impacte toutes les activités du pays. Nous avons de grands rêves, maintenant, il reste à savoir si les contributions de nos partenaires vont suivre. Mais, nous avons bon espoir…

Quelles seront les grandes innovations pour ces 20 ans de célébration, et pourquoi avoir décalé la tenue dudit événement au mois de mai ?

Les festivités des Kundé se tiendront sur 4 jours, au lieu de 2 jours les années précédentes. Il y aura des rencontres professionnelles, des ateliers de formation, des spectacles éclatés sur l’Avenue Kouamé N’krumah pour la faire revivre depuis les derniers attentats. Puis, nous aurons la cérémonie des Kundé à proprement parler, qui déboucheront sur les after-Kundé. Je pense que si nous arrivons à tenir tous ces engagements, la célébration des 20 ans des Kundé connaîtra un cachet particulier. Le décalage au mois de mai des Kundé s’explique simplement par le fait que les activités culturelles au mois d’avril sont nombreuses. Sur le plan religieux tant pour les catholiques que les musulmans. Et donc le 29 mai choisi nous donnera encore plus de temps pour affûter nos armes.

D’où tirez-vous vos sources de financement quant on sait que ce genre de rencontre coûte extrêmement cher ?

Nous fonctionnons avec les moyens du bord. Il est aussi vrai que nous n’avons pas la chance du FEMUA, mais, nous espérons que cela viendra. Mais, nous avons toujours fonctionné avec l’apport des privés à 85% du budget global.

Pensez-vous encore pouvoir tenir (si Dieu le permet) les 20 prochaines années ?

Je pense que nous arrivons à un tournant assez décisif pour nous. Vous êtes sans ignorer que les Kundé sont partis crescendo, et compte tenu de certains facteurs que je viens d’énumérer, l’apport des sponsors devient insuffisant pour continuer l’aventure. C’est l’occasion pour nous d’attirer l’attention des autorités burkinabè pour qu’elles s’impliquent, car, si le secteur privé devient défaillant, il faudra bien que l’Etat vienne à la rescousse sinon ce sera difficile. Car tout seule, ce genre de cérémonies en Afrique ne tient pas la route ! Puisque les artistes sont devenus très exigeants et beaucoup capricieux, très et tout devient cher.

20 ans après, si vous deviez faire un bilan, ce serait lequel ?

Les Kundé ont une place de choix dans le paysage culturel du Burkina, et même au-delà. L’on était reconnu sur le plan du cinéma grâce au FESPACO, de l’artisanat d’art grâce au CIAO et au plan musical grâce au Kundé. Lorsque nous débutions cette aventure, la production musicale laissait à désirer, mais aujourd’hui, nous avons souvent des difficultés à arrêter 3 nominés par catégorie. Ça veut donc dire qu’il y a de la matière aujourd’hui. Et notre rôle est de faire connaître les artistes burkinabè hors de nos frontières. Au regard de tous ces aspects, nous pouvons dire que le bilan est positif.

Les Kundé à l’instar du Fespaco sont deux grands événements majeurs qui drainent des milliers de festivaliers dans la capitale burkinabè. Aujourd’hui, avec les nombreux attentats qui y sont perpétrés, quel commentaire pouvez-vous faire ?

Il est vrai qu’il y a ces problèmes sécuritaires, mais en même temps, tous les événements majeurs organisés au Burkina ont pu avoir lieu jusque-là. Les forces de défense et de sécurité du Burkina-Faso prennent la mesure de ces événements et ne ménagent aucun effort pour sécuriser les biens et les personnes. Nous pouvons vous assurer que toutes les dispositions sont prises pour que tout se passe dans de bonnes conditions.

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